PROTOCOLE D'UTILISATION DE LA RADIOTHERAPIE PEROPERATOIRE AVEC LE SYSTEME MOBETRON
La radiothérapie peropératoire par délivrance d'électrons (système MOBETRON) représente certainement un indéniable avantage médical, social et économique pour nos patients, notamment pour la prise en charge multidisciplinaire des nouveaux cas de cancer du sein.
L'utilisation du MOBETRON pourra également être envisagée dans de multiples autres pathologies, notamment en ce qui concerne la résection de toute tumeur avec des marges limites ou focalement envahies.
L'utilisation principale restera cependant liée à la prise en charge de la pathologie cancéreuse mammaire.
S'il est bien établi que le risque de la radiothérapie complémentaire après traitement conservateur du cancer du sein reste indispensable pour éviter les récidives; il est également établi que ces mêmes récidives surviennent quasi exclusivement dans la région du lit tumoral. Une radiothérapie peropératoire exclusive dans la région du lit tumoral peut ainsi remplacer la radiothérapie externe classique (trois à six semaines de traitement) avec probablement même une diminution du risque de récidive (certaines études révèlent déjà un taux de récidives de 1 % par rapport aux 5 % par les méthodes classiques).
La sélection des patientes doit cependant se baser sur des critères extrêmement stricts :
1. la taille pathologique de la lésion ne doit pas excéder 20 mm (pT1) ;
2. il doit s'agir d'une tumeur unifocale prouvée par la réalisation antérieure d'une résonance magnétique nucléaire ou d'une mammo-scintigraphie ;
3. le ganglion sentinelle doit être sain après analyse de celui-ci par la technique peropératoire d'immuno-histochimie (Véridex) ;
4. les marges de résection doivent être saines ;
5. il doit s'agir d'un carcinome canalaire invasif. Le cancer lobulaire doit être exclu et il est donc indispensable de disposer d'un diagnostic histologique préopératoire par la réalisation de micro-biopsies ;
6. exclusion également des patientes chez qui les micro-biopsies ou l'imagerie suspectent des foyers de cancer in situ ou d'emboles vasculaires dans la périphérie de la tumeur.
En cas de positivité des ganglions sentinelles, la radiothérapie peropératoire pourra cependant être envisagée mais uniquement pour le buste. Les patientes bénéficieront par la suite d'une radiothérapie classique externe mais gagneront ainsi une semaine de traitement.
En ce qui concerne la pathologie mammaire, on pourra également envisager en cas de mastectomie totale après conservation cutanée avec reconstruction immédiate ou avec programmation d'une reconstruction différée, une conservation de la plaque aréolaire qui pourrait être irradiée également en peropératoire.
Dès la réalisation du premier cas, tous les dossiers de ces patientes seront soigneusement entrés dans un protocole d'étude prospective. Il sera notamment recherché les éventuelles complications per et postopératoire (infections, hématomes, fibrose, lâchage de sutures…) et bien entendu le taux de récidives à moyen et à long terme, ainsi qu'une évaluation du devenir esthétique du sein.
Secondairement, il devrait être étudié l'impact social de cette technique puisqu'elle permettra certainement, surtout pour nos jeunes patientes, une reprise d'activité familiale et professionnelle beaucoup plus rapide. Une évaluation du gain financier devrait également être réalisée.
Mise sur site : 11/2009 |