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Radiotherapy
Mission
Nous vous conseillons de consulter le texte Radiothérapie (dans l’onglet informations médicales/brochures médicales)
LE DEPARTEMENT DE RADIOTHERAPIE-ONCOLOGIE
La radiothérapie reste une des trois thérapeutiques principales utilisées dans le traitement des cancers : environ 60 % des patients atteints d'un cancer ont besoin à un moment ou l'autre de leur maladie d'une irradiation à visée curative ou palliative. La radiothérapie n'est pas un traitement de la dernière chance ou des situations désespérées : elle participe grandement à la guérison des patients. En fait, elle a été utilisée quasi dès la découverte des rayons X par Roentgen en 1895 et celle du Radium par les Curie en 1898. En 1899, le premier cas de guérison d'une tumeur cutanée est publié. Aujourd'hui, sa pratique nécessite une connaissance de la physique des irradiations (radiophysique), de l'effet des irradiations au niveau des tissus tumoraux et sains (radiobiologie), des mesures de protection vis-à-vis des irradiations (radioprotection) mais surtout une connaissance approfondie de l'oncologie. Ainsi, deux patients sur trois seront traités dans un service de radiothérapie au cours de leur maladie. Par ailleurs, nous sommes les partenaires des chirurgiens et des oncologues médicaux dans une approche multidisciplinaire de la maladie.
Le servie de radiothérapie de l’Institut Bordet fournit une aide aux différentes consultations multidisciplinaires de l’Institut, du réseau IRIS (hopitaux Saint-Pierre , Brugmann, Ixelles, Bracops et Reine Fabiola) et à l’hôpital académique (Erasme). Le service assure aussi les traitements de radiothérapie pour ces différentes institutions. Il est une des unités les plus importantes du pays en traitant plus de 2100 patients par an.
La radiothérapie utilise les propriétés des radiations ionisantes pour traiter principalement les cancers. Depuis leurs découvertes, la technique a évolué particulièrement au cours des dernières décennies suite aux progrès technologiques offrant des machines de plus en plus performantes mais aussi grâce à une meilleure connaissance de l’interaction entre les rayonnements et la tumeur.
En 2011, le traitement de radiothérapie est une approche complexe comprenant plusieurs étapes. Il commence par la prise de décision en concertation avec les autres disciplines pour définir la meilleure approche thérapeutique pour chaque patient. Ensuite, le radiothérapeute doit définir ses volumes cibles et organes critiques, établir le plan de traitement d’après les données fournies par un scanner réalisé dans la position du traitement et obtenir une dosimétrie en trois dimensions permettant de connaître la distribution de la dose, ceci en étroite collaboration avec le radiophysicien. Finalement, la dernière étape est la réalisation journalière des séances d’irradiation réalisées par les infirmiers et technologues aux différents accélérateurs ; ceci nécessite de reproduire avec une haute précision les données du traitement. Différents outils sont aujourd’hui disponibles pour assurer une meilleure reproductibilité et s’assurer du positionnement correct des champs d’irradiation : les accélérateurs sont équipés d’une imagerie embarquée qui permet de vérifier en direct la position des champs d’irradiation.
Cette procédure relativement complexe nécessite la coopération et l’expérience de différents professionnels (physiciens, technologues, infirmier(e)s, médecins....).
Description de l’unité
Le département de radiothérapie de l’Institut Bordet a une unité principale située au Centre Anticancéreux et deux centres partenaires situées l’un sur le site de l’hôpital académique Erasme et l’autre au CHU de La Louvière (Centre René Goffin).
L’équipement disponible au niveau de l’Institut Bordet comprend 3 accélérateurs linéaires, 1 unité de Cobalt, 3 projecteurs automatiques, 1 simulateur, 1 scanner dédié pour la radiothérapie, 1 accélérateur dédié à la radiothérapie intraopératoire. Sur le site de l’hôpital académique, 1 Gamma Knife permet de réaliser des irradiations stéréotaxiques de lésions cérébrales.
L’unité est directement connectée à toutes les techniques d’imagerie de l’Institut Bordet ; scanner, tep scan, résonance magnétique. Toutes ces unités peuvent réaliser la prise d’images dans les conditions du traitement radiothérapique.
Ceci nous permet d’avoir à notre disposition une grande palette de techniques : de la radiothérapie conformationnelle en 3 dimensions, à la radiothérapie en 4 dimensions prenant en compte les mouvements notamment respiratoires, la modulation d’intensité, l’irradiation per-opératoire, l’irradiation stéréotaxique pour des lésions cérébrales et extra-cérébrales, l’irradiation corporelle totale, les différentes techniques de curiethérapie (applications classiques pour des lésions gynécologiques, des implants de prostate avec iode 125, des curiethérapies endo-luminales pour des lésions œsophagiennes ou pulmonaires...
L’unité de Bordet est composée de plus de 50 personnes travaillant sur deux sites.
Différentes activités
a) Les traitements combinés :
Le service de radiothérapie participe activement aux différents protocoles évaluant une approche combinée avec la chirurgie et la chimiothérapie pour différentes localisations de tumeurs. L’approche multidisciplinaire est une longue tradition à l’Institut avec un intérêt tout particulier pour les traitements de radio-chimiothérapie concomitante de tumeurs de la sphère ORL, digestives, gynécologiques, cérébrales ou pulmonaires.
b) Quelques techniques de radiothérapie :
Un domaine en pleine évolution est certainement l’implantation d’un PET CT (une caméra à positron ou PET combiné à un scanner) dans la planification des traitements radiothérapiques. Le PET CT a une grande sensibilité et le composante CT nous permet de l’utiliser directement dans la planification de nos traitements tout en tirant avantage du PET pour obtenir une meilleure définition des limites de la tumeur.
Actuellement un intérêt est de voir l’utilité ou non de répéter cet examen durant le temps d’un traitement de radiothérapie et de pouvoir ainsi l’adapter selon la réponse éventuelle.
c) Un meilleur ciblage :
Limiter l’irradiation au volume-cible (tumoral) tout en protégeant les tissus normaux et ses fonctions est l’objectif principal des techniques modernes de radiothérapie.
Un excellent exemple est l’introduction de la modulation d’intensité dans le traitement des tumeurs de la sphère ORL : ceci permet de préserver les glandes salivaires et d’éviter la sensation de bouche sèche (une plainte majeure et une complication importante des anciennes techniques qui ne permettaient pas de préserver les parotides et qui avait par conséquent un impact important sur la qualité de vie).
Une difficulté supplémentaire est le mouvement que subit une tumeur lors de la respiration
Les techniques du contrôle respiratoire représentent un réel challenge. Ceci permet différentes techniques du contrôle de la respiration qui tiennent compte des mouvements respiratoires et de contrôler celui-ci et de limiter ainsi le volume de tissus normal irradié. Ceci implique que le CT et le PET CT soient acquis dans les mêmes conditions avec un contrôle de la respiration.
d) L’irradiation partielle du sein :
L’irradiation partielle du sein est actuellement un domaine en plein développement. Différentes approches sont disponibles : l’irradiation per-opératoire à l’aide de faisceaux d’électrons, l’irradiation externe ou la curiethérapie.
Le service a une longue tradition d’implants per-opératoires pour les cancers du sein. En fait, les cathéters étaient placé au moment de l’acte chirurgical permettant de connaître exactement la position de la tumeur, l’irradiation commençait 24 heures plus tard délivrant une dose au lit tumoral précédent une irradiation externe qui couvre l’ensemble du sein (technique classique).
Compte tenu de notre expérience, nous proposons actuellement de traiter uniquement le lit tumoral à l’aide d’un accélérateur d’électrons placé directement en salle d’opération (Mobétron). Pour certains patients, ceci permettrait de réaliser la chirurgie et tout le traitement radiothérapique en un seul temps.
e) La radio-chirurgie ou les irradiations en condition stéréotaxiques :
La radiochirurgie est une technique d’irradiation qui délivre en une seule séance, , une dose élevée de rayons sur une cible (tumorale ou tissu sain) tout en protégeant au maximum le tissu normal de voisinage. Le fait de délivrer toute la dose en une seule séance nous oblige à une extrême précision. Ceci nécessite la mise en place d’un cadre de stéréotaxie sur le crâne et ensuite d’acquérir des images par résonance magnétique, CT scan, angiographie voire PET-CT. Cette technique peut être réalisée par des accélérateurs linéaires ou par Gamma Knife qui a l’avantage d’être dédiée aux lésions cérébrales. Cet appareil est installé sur le site de l’hôpital académique Erasme. Les indications retenues sont les métastases cérébrales, des tumeurs cérébrales bénignes comme les méningiomes, les neurinomes, des névralgies du nerf trijumeau, des malformations artério-veineuses, des adénomes hypophysaires… Les résultats sont excellents avec un risque minimal. Elle ne rentre pas en conflit avec les options chirurgicales mais elles se complètent. Chaque situation doit être envisagée en tenant compte de l’état du patient, des possibilités de chaque approche et des risques. La radiochirurgie peut être délivrée seule, ou en association avec une radiothérapie cérébrale classique ou encore en cas d’échec de la radiothérapie cérébrale.
La radiothérapie en condition stéréotaxique repose sur les mêmes principes mais elle utilise plusieurs séances et est surtout utilisée pour des localisations extracérébrales notamment des tumeurs pulmonaires, des lésions hépatiques pour lesquelles la chirurgie présente un risque majeur. Ces techniques sont développées sur le site de l’Institut Bordet.
f) L’individualisation des traitements :
Le rêve de tout radiothérapeute est d’individualiser le traitement non seulement selon les caractères physiques et anatomiques de la tumeur mais aussi selon ses caractéristiques radio-biologiques : son degré d’oxygénation, son taux de prolifération, sa radiosensibilité intrinsèque. Les tumeurs à haut taux de prolifération peuvent bénéficier d’une accélération du
schéma d’irradiation mais au prix d’une augmentation des toxicités aigues. Par contre, les tumeurs présentant une prolifération lente ne tirent aucun bénéfice d’une telle accélération.
La connaissance de ce paramètre devrait nous permettre de pouvoir sélectionner pour chaque patient le meilleur schéma d’irradiation.
Person in charge : Prof. Paul Van Houtte
Updating of this page : 03/2011
