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Imagerie Médicale

La Résonance Magnétique Nucléaire (R.M.N.)

Introduction

(Vous trouverez l’explication de certains termes ou d’abréviations dans le petit lexique en fin de page)
La RMN a pris une importance considérable dans l'ensemble des modalités d'imagerie diagnostique. Actuellement, les applications diagnostiques de la RMN fournissent essentiellement des informations morphologiques : des coupes tomographiques du corps humain sont obtenues à haute résolution (allant jusqu’à 0.1 mm) avec un excellent contraste entre les tissus mous de nature différente. L'Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) est fondée sur la mesure de signaux nucléaires générés par les noyaux d'hydrogène (protons) en réponse à des impulsions de radiofréquences (RF). La fréquence porteuse de ces impulsions est accordée à la fréquence de Larmor des protons, dans le but de provoquer une interaction efficace ("résonance") entre impulsions de radiofréquences et protons.

L'optimisation du rapport signal/bruit et, en même temps, celle de la résolution, sont les raisons principales du choix du proton comme cible de l'IRM. Ce sont en particulier les protons de l'eau qui sont détectés, l'eau étant le principal constituant des tissus biologiques. Ce sont de loin les protons de l'eau qui génèrent les signaux les plus intenses. Malgré une concentration bien plus faible des ions sodium, on a également montré que l'IRM du 23Na a également un potentiel d'utilité clinique, notamment pour les accidents vasculaires. Cependant, le nombre de groupes engagés dans cette recherche est peu important. Les intensités au sein des images IRM du proton sont déterminées par la relaxation des protons de l'eau vers l'équilibre, après une excitation par des ondes de radiofréquences. Ce comportement de relaxation est fonction de l'environnement macromoléculaire des protons de l'eau et peut par conséquent varier de tissu à tissu. Ainsi, le contraste entre les tissus en IRM est de nature intrinsèque. Les contrastes peuvent être modulés en variant le timing du train d'impulsions RF appliqué. Habituellement, on s'arrange pour mettre en exergue l'effet de l'un ou l'autre des phénomènes gouvernant la relaxation des protons : l'effet T1 ou relaxation "longitudinale" et l'effet T2 ou relaxation "transversale". De ce fait, les images sont dites soit pondérées T1, soit pondérées T2.

Toutefois, malheureusement, le signal obtenu en Résonance Magnétique manque de spécificité et il peut arriver qu'on ne parvienne pas à différencier deux structures. Des agents de contraste ont été développés pour nous aider à résoudre ce problème. Leur distribution dans l'organisme est fort proche de celle des produits de contraste utilisés pour le scanner à rayons X. Ils sont généralement injectés par voie veineuse et n'ont pas encore fait preuve de toxicité jusqu'ici; ils sont en fait beaucoup plus sûrs que les produits iodés. Le mécanisme de formation du contraste avec ces produits de contraste IRM (par exemple le Gadolinium, ion paramagnétique fixé à un chélateur comme le DTPA ou le DOTA), est fondamentalement différent de ce qui se produit avec les produits iodés. En effet, dans le cas de l'IRM, ce n'est pas le produit de contraste lui-même mais plutôt l'action du produit sur les caractéristiques de relaxation des protons de l'eau dans le milieu environnant qui génère une variation du signal. Il s'agit donc d'un effet indirect, qui n'est d'ailleurs pas lié linéairement à la dose injectée.

 

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Petit lexique :

CT ou CT scanner : scanner à rayons X, encore appelé tomodensitométrie ou simplement scanner. Il s’agit d’une technique inventée par Geoffrey Hounsfield (prix Nobel de Médecine en 1978) au début des années 70, et qui permet une étude du corps dite tomographique (en tranches)
IRM : imagerie par résonance magnétique
RMN : résonance magnétique nucléaire : technique d’investigation à la base de l’IRM et ayant été utilisée au départ dans l’analyse chimique de laboratoire (depuis les travaux de Bloch et Purcell au début des années 50). Cette technique est à la base de l’IRM et la dénomination recouvre aussi la spectroscopie par résonance magnétique qui est disponible in vivo sur la machine à haut champ de l’Institut Bordet.
Adénopathie : ganglion anormal
Angiographie : imagerie des vaisseaux sanguins
Antenne intra-cavitaire : petite antenne qui peut s’introduire dans une cavité du corps (comme par exemple le rectum pour certains examens en haute résolution de la prostate)
Phased array : réseau coordonné (se dit d’une manière de connecter les antennes entre elles pour optimiser le signal)
Rétropéritoine : espace anatomique situé en arrière de la cavité abdominale

 

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