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Bordet News n°76 (Revue des Amis de l'Institut Bordet)

Fumer ou travailler ?

DEPUIS LE 1ER JANVIER, IL FAUT CHOISIR !

Le 1er janvier 2006, la nouvelle législation sur l’interdiction totale de fumer sur les lieux de travail est entrée en vigueur en Belgique.

 

Cette loi vise à protéger les non-fumeurs des dégâts causés par le tabagisme passif. Rappelons que 75% des travailleurs sont non-fumeurs et que les ravages du tabagisme passif ont été scientifiquement prouvés. Celui-ci tue actuellement en Belgique plus que les accidents de la route (jusqu’à 2.200 tués par an contre 1.500 pour les accidentés de la route !). Le tabac tue, lui au total, plus de cent mille personnes par an en Belgique. Un fameux « serial killer » ! Cette loi atteindra le secteur de l’Horeca en 2007.

 

DE L’EXISTENCE OU NON D’UN FUMOIR

L’appréciation est laissée à l’employeur de mettre à la disposition des fumeurs de son entreprise un fumoir mais ce fumeur doit obligatoirement être muni d’un extracteur de fumée conforme aux normes légales.

 

L’employeur reste partagé entre les avantages (lieu cloisonné, propice aux rencontres…) et les inconvénients (local sacrifié, de haute toxicité, générateur de pertes de temps importantes et d’un sentiment d’inégalité dans le chef des non-fumeurs…) de la présence de ce fumoir.

 

On constate cependant que les fumoirs tendent d’ores et déjà à disparaître vu leur coût d’installation et d’entretien. De plus, selon une étude récente réalisée par la FARES, la tolérance « zéro » entraîne une diminution du nombre de fumeurs de 6% en moyenne alors que la présence d’un fumoir n’incite clairement pas à arrêter de fumer. Vous verrez donc plus de fumeurs dans la rue, à l’air libre !

 

CONSÉQUENCES DE LA NOUVELLE LÉGISLATION

- pour l’employeur : Bon nombre d’employeurs attendaient cette législation qui aura pour conséquences directes : une diminution de l’absentéisme, une réduction des risques d’incendie et des accidents de travail, une hausse du rendement et de la productivité en entreprise, une diminution des dégâts matériels (travaux de peinture, nettoyage, etc), une baisse des frais d’assurance incendie, une diminution des coûts des soins de santé et, enfin, un aplanissement des conflits entre fumeurs et non fumeurs.

Un certain nombre de fumeurs décideront de profiter de cette législation pour mettre fin à leur assuétude et il est à espérer que les employeurs offriront à leur personnel la possibilité de les aider par des actions d’accompagnement telles que le Centre de Désintoxication Tabagique peut leur proposer. Mais ici encore l’employeur n’est pas légalement tenu de satisfaire cette demande.

- pour les non-fumeurs : La nouvelle législation aura un impact direct sur le tabagisme passif et ses effets négatifs, tant en termes de toxicité cardio-vasculaire et pulmonaire que de tensions entre fumeurs et non-fumeurs.

- pour les fumeurs : L’avenir nous le dira ! Mais dès à présent, il est à croire que les grands fumeurs diminueront leur consommation. Pour les fumeurs de 10 à 15 cigarettes, on envisage un statu quo. Pour ceux qui profiteront de l’occasion pour essayer d’arrêter de fumer, il faut envisager des substituts nicotiniques car la cigarette représente une double dépendance, psychologique et pharmacologique. Là interviennent les centres de santé qui doivent envisager, dans un proche avenir, des campagnes de prévention pour un large public.

 

CONCLUSIONS

Cette législation entre dans une logique tant sociale que culturelle et semble rencontrer une grande satisfaction : plus de 90 % de la population (fumeurs et non fumeurs confondus) acceptent les nouvelles dispositions. Celles-ci, accompagnées des autres mesures préconisées par le Ministre Demotte telles que la vente de cigarettes limitée aux adolescents de plus de 16 ans, les campagnes anti-tabac, le remboursement de la prise en charge du sevrage tabagique pour les femmes enceintes, etc, tendent à faire baisser un peu plus le tabagisme dans notre pays.

 

Martial BODO,

Psychologue et tabacologue au « Centre de Désintoxication Tabagique des Amis de l’Institut Bordet » asbl.

Tél : 02/534.54.68.

e-mail : cellule.tabac.bordet@skynet.be

 

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Bordet News 76 : Avril 2006

   

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