Publications
Bordet News 79 (Revue des Amis de l'Institut Bordet)
L’Institut Bordet mis à l’honneur en 2006
Le 16 juin dernier, Martine Piccart accédait à la présidence de l’EORTC (European Organisation for Research and Treatment of Cancer). Cette organisation indépendante, créée en 1962 par les Professeurs Tagnon, de l’Institut Bordet et Mathé (France), coordonne, au niveau européen, un vaste réseau de recherche clinique.
Les progrès actuels des connaissances en biologie moléculaire ouvrent des perspectives de thérapie sans précédents. Mais avant que les découvertes ne débouchent sur de nouveaux traitements, elles doivent d’abord franchir l’étape indispensable de la recherche clinique, à savoir l’analyse minutieuse de leurs effets sur des groupes sélectionnés de patients. Ces études, qui doivent être menées avec la plus grande rigueur à des échelles étendues, demandent la participation internationale de "médecins investigateurs "couvrant un large champ de spécialités : chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, pathologie, immunologie…
L’EORTC regroupe aujourd’hui 360 institutions hospitalières au sein desquelles quelque 2.000 médecins participent à une trentaine de groupes multidisciplinaires. Les résultats des études cliniques coordonnées par ce réseau sont rassemblés dans une banque de données centralisant les observations recueillies sur plus de 100.000 patients. La diffusion des progrès thérapeutiques constitue une autre façette, et non des moindres, de la mission de l’EORTC. Il faut en effet savoir que l’on estime aujourd’hui à près de 10% l’augmentation potentielle du taux de guérison des cancers si tous les malades avaient accès aux dernières découvertes ! Le Professeur Piccart a, dés son arrivée à l’Institut Bordet, activement participé aux études de l’EORTC et y a successivement occupé les fonctions de secrétaire du groupe des cancers gynécologiques, de présidente du groupe " cancer du sein", de présidente de la division thérapeutique et de vice-présidente de l’organisation. L’objectif du Professeur Piccart dans ses nouvelles fonctions : aider l’organisation à relever les nouveaux défis liés, notamment, aux progrès impressionnants de la biologie moléculaire et aux importantes mutations du paysage politique européen. Nous ne doutons pas qu’elle y parvienne avec brio.
Le 26 avril, le Docteur Sotiriou recevait le prix du Fonds Gaston Ithier. Il se voyait ainsi récompensé pour son travail sur une meilleure classification des grades dans le cancer du sein.
Le Docteur Sotiriou a investigué la situation de 40% des grades intermédiaires - dont l’on n’arrivait pas, jusqu’à présent, à identifier le degré d’agressivité des tumeurs- par une technique de microarrays. Son travail a débouché sur une nouvelle classification de ces grades, laquelle aura un impact majeur sur l’évaluation des tumeurs mammaires. Pour rappel, c’est le Docteur Sotiriou qui, en 1999-2000, bénéficiant d’une bourse du Fonds Yvonne et Thomas Rucquois, était parti aux Etats-Unis s’initier à la technique des micro-arrays, faisant de l’Institut Bordet un établissement à la pointe du progrès en Europe. En octobre 2004, il y était promu responsable de l’Unité de Génomique Fonctionnelle et de Recherche Translationnelle.
En 2005, il a également été distingué par le FNRS qui l’a nommé chercheur qualifié ce qui, dans le domaine scientifique, constitue une très belle référence.
Page 7
Bordet News 79 : Décembre 2006
