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Bordet News 80 (Revue des Amis de l'Institut Bordet)
Etude sur les cellules tumorales circulantes dans le cadre des cancers colo-rectaux.
Les cancers récurrents ou métastatiques sont responsables de plus de 50% de la mortalité par cancer. Un certain nombre de patients présentent des micro-métastases non détectables par les tests diagnostiques classiques. Or, ces micrométastases, encore appelées cellules tumorales circulantes (CTCs), peuvent se développer en métastases cliniquement significatives si aucun traitement n’est administré. Leur détection revêt donc un intérêt clinique majeur.
La technologie « CellSearch et CellSpotter » de la firme Veridex consiste en un système de détection semi-automatique de ces cellules basé sur la numération des cellules épithéliales isolées à partir du sang à l’aide d’anticorps spécifiques couplés à des billes magnétiques. Ce système, financé par « Les Amis de l’Institut Bordet », a d’emblée rencontré un vif succès auprès de plusieurs unités de l’Institut. De nombreuses études visent actuellement à valider la méthodologie de détection des cellules tumorales circulantes et à évaluer leur rôle comme marqueurs pronostiques et/ou prédictifs de réponse aux traitements par chimiothérapie, dans le cadre du cancer du sein notamment.
Aucune étude ne s’était, jusqu’à présent, intéressée aux cancers colo-rectaux. C’est désormais chose faite puisqu’une étude conduite par le Docteur Cardoso et moi-même, et financée par les “Amis”, a été lancée en 2006 sur la détection des cellules tumorales circulantes chez les patients atteints de cette pathologie ainsi que sur l’évaluation de leur valeur prédictive.
Les premiers résultats de cette étude ont d’ores et déjà permis d’arriver aux conclusions suivantes :
● les CTCs peuvent être détectées dans le sang des patients atteints d’un cancer colo-rectal (le nombre médian de CTCs dans le sang des patients atteints de métastases est de 7.5 CTCs par 7.5ml de sang contre 2 CTCs par 7.5ml de sang chez les autres patients) ;
● une chute spectaculaire du nombre de CTCs est déjà observée chez la plupart des patients après une cure de chimiothérapie.
L’étape suivante consistera à mesurer le taux de CTCs après la quatrième cure de chimiothérapie et à le confronter aux bilans radiologiques, cliniques et biologiques des patients concernés. Nous serons ainsi à même de conclure si l’évolution du taux de CTCs entre le début du traitement et la deuxième cure de chimiothérapie permet de prédire valablement la réponse globale au traitement, évaluée quant à elle au terme de 4 cures. Si c’est le cas, l’on sera à même d’identifier les patients nécessitant un traitement et d’éviter l’administration de traitements extrêmement toxiques à des patients n’y répondant pas.
Dr C. Sotiriou - Responsable de l’Unité de Génomique Fonctionnelle et de l’Unité Translationnelle de l’Institut Jules Bordet. Chercheur qualifié du FNRS.
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Bordet News 80 : Avril 2007
