1)
Aile H
L'aile H avec sa façade principale vers la rue aux Laines aurait
11 niveaux dont 8 étages et 2 sous-sols.
- Le second sous-sol contiendrait la morgue, les caves et les locaux
de machinerie des ascenseurs et monte-charges.
- Le 1er sous-sol contiendrait l'auditoire, le musée-bibliothèque,
les locaux de services et le vestiaire du personnel. (Ce premier sous-sol
est en fait le rez-de-chaussée du côté cour car
il y a déclivité du terrain entre la cour principale
et la rue aux Laines).
- Au rez-de-chaussée (de la rue aux Laines) : les halls d'accueils,
la direction, le secrétariat, et les consultations des chefs
de service full time pour les "malades payants".
- Du 1er au 4ème étages : 32 salles et chambres permettant
de loger 120 malades indigents, des salles de pansements, les bureaux
des médecins et infirmières avec locaux de service.
Les chambres seraient soit isolées, soit par 2, 4 ou 5 lits
avec salles de séjours.
- Du 5ème au 7ème étage : 39 salles et chambres
permettant de loger les 60 lits pour les malades payants de la clinique
Paul Héger, généralement en chambre seule avec
cabinet de toilette + les locaux de service.
- Au 8ème étage : le restaurant destiné aux médecins,
infirmières et parents visiteurs des malades non-indigents
avec la terrasse et les cuisines.
2) Aile T
L'aile T aurait 6 étages avec sa façade principale vers
la rue de la Gendarmerie et serait consacrée aux Traitements
:
- Du 1er et 2ème sous-sols il y aurait : les machineries destinées
à la ventilation et les appareils médicaux à
très haute tension; les locaux pour le traitement par télécuriethérapie
+ des locaux pour accumulateurs et appareil à ondes courtes
- Au rez-de-chaussée : les salles d'attente et locaux pour
les consultations
- Aux 1er et 2ème étages : les salles d'attente et d'examens
+ les locaux pour radiothérapie
- Au 3ème étage : les laboratoires, la bibliothèque,
un atelier et des locaux pour animaux d'expérience
- Au 4ème étage : des locaux pour la radiothérapie
et le radiodiagnostic
- Au 5ème étage : le quartier opératoire
- Au 6ème étage : les 10 chambres pour infirmières
internes.

A l'intersection des deux ailes se trouverait la circulation verticale
: les différents étages seraient desservis à
la fois par des ascenseurs et monte-charges et par une tour avec rampe,
à 14% de pente, permettant en cas de besoin, une évacuation
rapide et aisée du personnel et des malades sur civières
et permettant également la circulation des visiteurs.
Cette tour constituait à l'époque, une nouveauté
en matière d'architecture hospitalière.
A l'intersection des deux ailes se trouveraient aussi les gaines de
ventilation.
L'Institut Bordet serait relié à l'Hôpital St-Pierre
par une galerie aérienne (pour le transport de la nourriture
et des patients qui devraient se rendre à l'Hôpital St-Pierre
pour y subir un examen, une prise de sang,
) et par un tunnel
souterrain destiné au restant du trafic (lingerie, transport
des décédés
)
En ce qui concerne la construction :
Au cours des travaux, l'entrepreneur mit à jour un tunnel faisant
probablement partie des anciennes fortifications de Bruxelles : il
a été forcé, du fait du terrain remblayé,
d'enfoncer une rangée de pieux Franqui de chaque côté
de ce tunnel et de placer sur ces deux séries de pieux des
poutres transversales en béton armé afin de constituer
de solides fondations.
Il était prévu que :
- L'ossature du bâtiment serait une charpente métallique
enrobée de béton (procédé présentant
le moins d'encombrement).
- Les murs extérieurs seraient en briques avec vide d'air et
revêtement de plaques de grès.
- Les murs intérieurs devraient répondre à un
besoin d'insonorité dans l'aile H et à un besoin d'isolation
par rapport aux radiations dans l'aile T (on utilisera du béton
armé ou cloison double avec plomb)
- Les châssis seraient en bronze : à guillotine pour
les chambres et coulissant latéralement pour les autres locaux.
- Le chauffage à eau chaude serait relié à l'installation
de l'Hôpital St Pierre
- La ventilation comporterait une installation quasi complète
de conditionnement d'air avec aspiration, filtrage, lavage, chauffage
et refoulement de l'air.
- L'installation électrique comprendrait : l'éclairage,
des horloges électriques, des chercheurs de personnes se composant
de tableaux à numéros lumineux, d'un réseau de
signalisation lumineuse pour l'appel des infirmières par les
malades, d'une installation complète de téléphonie,
de distribution de courant continu pour les usages spéciaux
de laboratoire, d'enregistreurs de ronde pour le contrôle de
la surveillance de nuit.
Le courant électrique serait fourni par la centrale autonome
de l'Hôpital St-Pierre
- Les stérilisation et désinfection seraient assurées
par l'Hôpital St-Pierre. Cependant les salles d'opération
et de pansements et cabinets de consultations disposeraient d'appareils
de stérilisation tels que bouilleurs et étuves sèches,
chauffés électriquement.
En ce qui concerne l'architecture :
Les deux ailes furent étudiées indépendamment
l'une de l'autre mais chaque architecte respecta les règles
de l'architecture hospitalière : le nouvel établissement
répondit aux exigences les plus modernes de la technique hospitalière.
Voici quelques-unes des nouvelles règles de l'époque
en architecture hospitalière :
du point de vue organisation :
- Situation centrale dans la ville
- Hôpital bloc avec concentration de tout l'hôpital dans
un édifice élevé
- Le système des salles communes avec de nombreux lits est
abandonné : des chambres de 4 à 6 lits maximum, avec
la chambre individuelle de 3x3x3m comme solution idéale
- Eclairage primordial avec grandes baies vitrées et balcon
d'exposition
- Corridor entre les services et les chambres
- La circulation, primordiale, est différente pour les patients,
les visiteurs et le reste du trafic (nourriture, lingerie, décédés
)
- Répartition des services : chaque étage forme une
unité fermée correspondant éventuellement à
une spécialisation. Les accueils et consultations sont au rez-de-chaussée
- Le quartier opératoire est placé plutôt aux
étages supérieurs mais de manière intermédiaire
entre tous les services et en relation directe avec les monte-lits
et de préférence à orientation Nord afin d'éviter
les variations atmosphériques.
du point de vue construction :
Les fenêtres-guillotine sont favorisées car permettent
un chauffage, un entretien et une ventilation faciles : il faut alors
éviter les façades en murs portants et favoriser la
technique de l'ossature avec cloisons portes, cloisons légères
et toiture-terrasse.
du point de vue technique interne :
- Favoriser tout élément de clarté, de surveillance
et de facilité d'entretien.
- Eviter les éléments décoratifs irrationnels.
- Eviter les causes d'humidité et de poussière et l'emploi
de matériaux organiques comme le bois : le remplacer par le
métal dans la mesure du possible.
- Au sol : linoleum.
- Ne pas cacher les canalisations pour des raisons d'hygiène
et de réparation éventuelle.
- Eviter absolument les tapis et rideaux et construire de manière
à délimiter le son dans le local où il est produit
par de multiples couches d'enduits, des vide d'air, des faux-plafonds...
- La ventilation naturelle est la plus souhaitable
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