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timbre à l'effigie d'Albert Claude (©) Albert Claude
© BELGIUM POST
Timbre édité le 16/2/1987,
à l'initiative du Prof. Frühling

Historique

Albert Claude (1899-1983)

Biographie

"Très sage, très noble, très honoré et bien-aimé prince parmi les hommes de science".
Ainsi salué par G. Palade (son élève) en 1971 lorsque le doctorat "honoris causa" de l'Université Rockefeller lui a été attribué, Albert Claude était peut-être le plus original et le plus complet, le plus exigeant et le plus surprenant des scientifiques que la Belgique ait produit pendant 150 ans.
Avec une vision au-delà des horizons connus, muni de l'esprit de missionnaire convaincu, il a entrouvert, le premier au monde, les portes d'une branche désormais florissante et incommensurable des sciences exactes, celles de la biologie moléculaire.

Né le 23 août 1899 à Longlier dans une famille ardennaise modeste, il y a commencé ses études primaires qu'il a achevées à Athus.
Après avoir passé quelques années comme apprenti ©aux ateliers d'Athus-Grivegnée, il s'engagea pendant la guerre 14-18 dans le "British Intelligence Service". Déporté deux fois dans des camps de concentration, il était titulaire de diverses distinctions et a été l'objet d'une citation à l'ordre du jour, signée par Winston Churchill alors "Minister of State for War".

N'ayant jamais fait d'études moyennes, les portes de l'Université de la Faculté de Médecine de Liège lui furent ouvertes subitement en 1922, une circulaire du Ministère de la Défense lui permettant, en tant que participant de la guerre 14-18 dans les armées alliées, d'y accéder sans diplôme ni examen.
Marqué déjà très jeune par la disparition de sa mère, atteinte d'un cancer du sein, il se consacra dès les dernières années de ses études à la recherche fondamentale, d'orientation cancérologique en particulier.
Ainsi, après avoir obtenu son diplôme de docteur en Médecine en six ans seulement, il s'est directement dirigé vers la carrière de chercheur qui l'a mené, après un séjour d'un an à Berlin (où il s'est initié à la technique de la culture des cellules), à l'Institut Rockefeller à New York où il fut reçu au laboratoire de Murphy.
Ses premiers travaux lui ont permis d'isoler et de caractériser l'agent du sarcome de Rous, un virus de nature mononucléique.
C'est à l'issue de ces travaux qu'Albert Claude a eu l'idée d'appliquer aux cellules normales la même technique de séparation et d'isolement qui lui a paru si prometteuse et efficace lors des expériences précédentes.

Albert Claude avec son premier microscope électronique
Albert Claude avec son 1er microscope électronique

Ainsi commença une période prodigieuse de 12 ans environ qui lui a permis de dresser un bilan analytique, morphologique et biochimique des composantes cellulaires séparées par centrifugation différentielle sans leur destruction, mais après "ouverture" de la cellule.
Grâce à ces travaux, le cytoplasme de la cellule normale révéla pour la première fois la nature, la composition chimique et la fonction enzymatique de ses composants fondamentaux, jusqu'alors inconnus.
En outre, Claude, génie de la technique appliquée et exigeant au-delà des limites de la perfection, obtiendra les premiers clichés dignes de ce nom de la cellule normale entière en microscopie électronique.
Ses travaux seront modestement résumés dans 2 communications fondamentales en 1945-46, jetant ainsi les bases de la biologie moléculaire et justifiant amplement le Prix Nobel qui lui sera attribué en 1974.

En 1949, Albert Claude a accepté le poste de directeur de l'Institut Jules Bordet, Centre des Tumeurs de l'Université Libre de Bruxelles, centre qu'il a transformé, en quelques années, en une des institutions pilotes du continent européen de diagnostic et traitement intégrés de ce fléau de l'humanité qu'est le cancer.
Professeur à l'ULB, il a quitté l'Institut en 1970, après avoir reçu entretemps de nombreuses distinctions scientifiques nationales et internationales.
2ème microscope électronique d'Albert Claulde
2ème microscope électronique d'Albert Claude



En 1974, il reçoit enfin le Prix Nobel de Physiologie et Médecine, prix qu'il a partagé avec son brillant élève G. Palade de l'Université Rockefeller et avec le Professeur Ch. de Duve de l'Université Catholique de Louvain, celui-ci s'étant initié au début de sa carrière à la méthodologie et à l'esprit de recherche claudien.

Après 1974, Albert Claude s'est graduellement retiré de la vie scientifique et publique active.
Le week-end de Pentecôte 1983, fidèle à sa personnalité et à sa conception de vie, sur la pointe des pieds et avec un petit sourire ironique sur les lèvres, il a quitté discrètement notre monde, fermant en douceur derrière lui la porte de l'existence terrestre.

Texte aimablement communiqué par le Prof. J. Frühling, Médecin Directeur de l'Institut J. Bordet (de 11/1984 à 2/2002).

 

Pour un aperçu des différents Prix Nobel belges voyez la rubrique Jules Bordet


   

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