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Diminution du risque de rechute du cancer du sein

Communiqué de presse (03/05/2018)

L’administration d’un anti-inflammatoire lors de l’ablation de la tumeur primaire diminue le risque de rechute du cancer du sein chez les patientes en surpoids ou obèses

Le 3 mai 2018 – Christine Desmedt, chercheuse à l’Institut Jules Bordet, en collaboration avec la VUB, l’UCL et Elia Biganzoli de l’Istituto Nazionale dei Tumori et Université de Milan, a publié ce 30 avril dans « The Journal of the National Cancer Institute », une étude qui suggère les bénéfices de l'administration peropératoire d’un anti-inflammatoire, le ketorolac, lors de l’ablation d’une tumeur primaire d’un cancer du sein chez les patientes en surpoids ou obèses.  Des résultats qui ouvrent de belles perspectives pour la recherche et les patientes atteintes d’un cancer du sein.

Une réduction des récidives du cancer du sein grâce au ketorolacChristine Desmedt
L'ablation chirurgicale de la tumeur primaire est une composante essentielle du traitement du cancer du sein. Néanmoins, le fait de retirer la tumeur primaire pourrait enclencher des mécanismes qui activent les cellules cancéreuses qui se seraient déjà dispersées dans le corps avant l’opération. En effet, il a été démontré que cela induit des changements physiologiques dont des réactions inflammatoires. En effet, il s’agit du problème de la dormance tumorale qui ressort des études originales de Romano Demicheli, en collaboration avec Elia Biganzoli, partageant avec Christine Desmedt la paternité de cette nouvelle étude.

Il a par ailleurs déjà été démontré que le fait d’avoir un IMC (indice de masse corporelle) élevé augmente lui aussi l’inflammation. Au cours de ces dernières décennies, l'obésité est devenue un problème mondial. Selon les dernières estimations, 50% des femmes belges sont en surpoids ou obèses. Les chercheurs de l’Institut Jules Bordet, de la VUB, de l’UCL et de l’Istituto Nazionale dei Tumori et Université de Milan ont dès lors souhaité savoir si l’injection d’un anti-inflammatoire pendant la chirurgie d’exérèse de cancers du sein pourrait réduire le développement de métastases après l’opération, et ce selon l’IMC des patientes, complétant ainsi les résultats précédents avec Patrice Forget de la VUB. Ils ont testé deux anti-inflammatoires différents (le ketorolac et le diclofenac) et les résultats démontrent que l'administration peropératoire du kétorolac est associée à une réduction des récidives précoces chez les patientes présentant un IMC élevé.

Une étude qui ouvre de belles perspectives
Cette étude montre un repositionnement potentiellement important du kétorolac dans le traitement peropératoire des patientes atteintes d'un cancer du sein ayant un IMC élevé. Il pourrait potentiellement être aussi efficace et moins coûteux que les traitements anticancéreux systémiques adjuvants. Il pourrait dès lors s’agir d’une avancée importante pour nos contrées ainsi que pour les pays plus pauvres ou moins avancés en matière de traitement contre le cancer du sein. Le but est maintenant de valider ces résultats dans le contexte d’une étude clinique prospective.

  • Références de l’étude
    "Potential benefit of intra-operative administration of ketorolac on breast cancer disease recurrence according to the patient’s body mass index ” paru le 30 avril 2017 dans le magazine scientifique “Journal of the National Cancer Institute”.
  • Financement de l’étude 
    Les Amis de l’Institut Bordet et l’Association Italienne de Recherche contre le Cancer (AIRC).
  • Pièce jointe 
    Photo de Christine Desmedt, PhD, Bio-Ingénieur et chercheuse au Laboratoire de Recherche Translationnelle en Cancérologie Mammaire à l’Institut Jules Bordet, dirigé par le Prof Christos Sotiriou, MD, PhD, Maître de Recherche FNRS, Directeur du BCTL. Le BCTL fait partie de l’U-CRC (ULB Cancer Research Center)

     
  • Contacts Presse Institut Jules Bordet
    Ariane van de Werve